LSD 14 : Dur dur d’être un expat’…

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Vivre dans un pays qui n’est pas le nôtre n’est pas chose facile. Nous, français, sommes très attachés à nos spécialités, notamment culinaires. Au moment même où nous sommes hors de notre cher pays, des manques se font vite ressentir : la croustillante baguette bien fraîche de chez le boulanger, le fromage bien goûteux accompagnant notre verre de vin… D’autres choses moins évidentes dont vous n’allez pas réussir à vous passer surviendront également. L’absence de la 3G/4G sur nos téléphones, les produits du quotidien qui nous donnent du fil à retordre dès que l’on ne trouve pas ses marques habituelles… Mais le plus dur est de s’adapter aux coutumes locales, aussi différentes les unes des autres.


1.Ce n’est pas que tu as une mauvaise odeur mais…

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Au Brésil, une coutume assez étrange existe. La température pouvant monter très haut, les brésiliens, très à cheval avec l’hygiène, prennent deux ou trois douches par jour. Et lorsqu’on arrive chez un brésilien, la première chose qu’il va faire c’est vous demander si vous avez besoin de prendre une douche. Même si vous ne restez pas ! Votre odeur corporelle n’y est pour rien, rassurez-vous ! La première envie des brésiliens lorsqu’ils rentrent chez eux étant de prendre une douche, cela prend tout son sens, non ? D’autant que dans l’imaginaire commun, le français n’est pas réputé comme étant particulièrement propre. Ne parle-t-on pas d’ailleurs dans certains pays de « la douche française » pour nommer l’utilisation du déodorant ?


2. Ais-je l’air d’un poisson rouge ? Sérieusement… 

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Vous vous demandez bien de quelle coutume je dois parler, non ? En Colombie ou dans les Philippines, il est interdit de montrer quelque chose à l’aide de son index (son nom perd alors toute sa signification…). Ce geste est bien mal poli dans de nombreuses cultures. Mais si nous n’avons pas le droit d’utiliser notre index, comment peut-on montrer quelque chose ? Avec la bouche évidemment ! Vous devez faire la moue, enfin un geste avec les lèvres dans la direction de l’objet désiré. En France, nous serions pris pour des fous si nous faisions ça…


3. Quel culot… !

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Rapprochons-nous plus de chez nous : en Allemagne ! Les allemands ont la drôle (fausse) réputation d’être impolis. C’est juste que pour eux, il est normal d’être totalement honnête (un peu trop apparemment). Ils ne passent pas par 36 chemins.

L’honnêteté est un signe de respect envers l’autre. C’est le cas dans les pays du Nord de l’Europe.

Au Canada, c’est plutôt l’inverse. La population peut être considérée comme « trop gentille » alors qu’ils utilisent en fait le « système sandwich » : un compliment, une vérité qui blesse, un autre compliment ou une plaisanterie.


4. Par le pouvoir de Dieu, je te donne… ma carte de visite !

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Nous n’allons pas parler de religion non, là n’est pas le but. Il s’agit d’une coutume à Taiwan. Chaque chose que vous donnez à quelqu’un doit lui être donnée avec les deux mains, comme si c’était un trésor. Donc, lorsque quelqu’un vous présente sa carte de visite, il l’a donne sereinement avec les deux mains. Et vous la prendrez avec vos deux mains également (surtout avec précaution) avant de l’examiner avec attention comme si vous regardiez quelque chose de rarissime. Cela va de même avec l’argent. Sacré coutume, non ?


5. L’appel : l’outil aux multiples fonctions (beaucoup trop…)

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Lorsque vous appelez quelqu’un, c’est pour lui parler, on est d’accord ? En Italie c’est différent ! On appelle cela un « squillo ». Vous pouvez facilement croire que c’est un appel manqué, sauf que celui-là est intentionnel.

Si vous devez, par exemple, rejoindre des amis dans un café et que vous avez 10 minutes de retard, l’italien va faire sonner votre téléphone juste le temps de 2-3 sonneries, pour dire qu’il est en chemin. Si vous devez voir des amis plus tard et que vous recevez un « squillo », cela signifie que vos amis pensent à vous. Un garçon envoyant un « squillo » à un autre veut dire « Quoi de beau ? Whats up ? ». Vous devrez donc lui répondre avec un texto.

Pendant une journée, vous pouvez très bien avoir un nombre indéfini d’appels manqués. Nous autres auront la fâcheuse habitude de rappeler, mais dans ce cas, il y aurait une étrange conversation, qu’on voulait précisément éviter en envoyant un « squillo »… Pas simple !


6. Jetons notre argent par les fenêtres !

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Une majorité d’entre vous sont au courant de cette coutume-là : les « tips » ; les pourboires.

Car si en France, il ne s’agit que de gratifier le serveur de quelques pièces, en signe de satisfaction, en Amérique du Nord, les tips sont l’unique ressource des serveurs. Il est coutume d’ajouter 15 à 20% de la note. Les serveurs n’ont qu’à bien se tenir. Et si le plat est mauvais, ou l’attente interminable à cause d’un restaurant bondé, le serveur sera directement pénalisé. Qui aurait l’envie de payer ? Après tout la guerre d’arrière-salle se jouera sans vous. En revanche, n’oubliez pas de faire la part des choses. Car les tips sont en réalité, et le plus souvent, l’unique salaire des serveurs outre-Atlantique.

A l’opposé, les serveurs taiwanais seraient bien surpris de vous voir laisser plus d’argent que nécessaire, sachant que vous avez déjà payé votre repas.


7. Peace and love, nous nous aimons tous…

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Principalement dans les pays d’Amérique Latine, lorsque tu dis « bonjour », il faut faire la bise…jusqu’à 3 ou 4 bisous ! Même entre garçons !

Au Brésil, il est coutume de prendre la personne dans ses bras comme si cela faisait une éternité que vous ne vous étiez pas vu. Et lorsque vous discutez avec une personne, vous devez garder contact avec son regard, mais aussi garder un contact physique. Cela n’a rien à voir avec le flirt, car même entre garçons on verra souvent une main sur l’épaule. La distance doit être courte entre vous, pour garder une intimité particulière. En France, c’est plutôt le contraire…

Imaginez alors un brésilien discutant avec un français : cela ressemblerait à un jeu du chat et de  la souris. Le brésilien avance, le français recule…. Ils n’auront jamais fini ces deux-là.


8. Nul besoin de se sentir coupable…

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Celle-ci est assez peu commune, mais certains pays n’ont pas le même système de plomberie que nous, européens ou américains.

En Afrique, lorsque vous allez au toilette, vous ne devez pas jeter vos feuilles de papier toilette dans les toilettes, non ! Il y a souvent une poubelle près des toilettes, faite spécialement pour cette utilisation. Ça donne envie d’ouvrir la poubelle, non ?

Au Japon ou en Turquie, nul besoin de PQ, utilisez le jet ! Plaisant, non ?


9. Traverser une rue au coût de votre vie.

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Dans les villes d’Égypte, la vie de piéton peut être assez dangereuse. Il n’y a pratiquement aucun feux de circulation, donc si vous voulez traverser, il va falloir courir. Et vite !

C’est tout le contraire en Allemagne, lorsque le feu est rouge pour les piétons, les allemands attendent, même s’il n’y a aucune voiture en vue. Au Canada, même chose. Et en plus vous risquez de prendre une amende…


10. Un expresso de trois heures…

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Parlons un peu de la France ! Car c’est bien gentil de juger les coutumes des autres pays quand les nôtres peuvent paraître étranges. Il ne faut pas se leurrer.

Il y a une habitude que les français ont, surtout les parisiens (Je n’ai rien contre vous…). Paris est peuplé de cafés-terrasse. D’après vous, à combien de temps estimez-vous la pause expresso ? Dix minutes ? Ahahah ! Plutôt deux heures !

Car boire un expresso dans un café parisien ne se limite pas à remplir notre corps de caféine. Boire un café est un art, un plaisir : profiter d’un ami, lire le journal. C’est toute une expérience parisienne à vivre !

Alors que nos voisins, les italiens boivent le café en un seul shot ! En Amérique, le café se boit en taille XXL et dans de simples gobelets en plastique !


 Bon voyage à tous !

Par Alexis Noreils




 

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Phénomène cosplay

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Rien à voir avec Coldplay, le célèbre groupe de rock britannique ! Le Cosplay, c’est un mixte entre « costume » et « play ». Loisir pour les uns, passion dévorante pour les autres, le Cosplay est une pratique très courante au Japon. Et finalement, partout dans le monde. Le phénomène est né aux États-Unis par les fans inconditionnels de Star Trek et Star Wars. On a vu alors Spock, Captain Kirk, Yoda, Luke Skywalker et des dizaines de princesse Leia se jouer des coudes aux sorties ciné. L’idée ? Imiter son favori de la tête au pied. Les Cosplayers n’ont rien à envier à vos soirées déguisées d’anniversaire, ni à vos costumes d’Halloween. Avec eux, on monte d’un cran. Rien n’est laissé au hasard…c’est un monde à part. La ville de Nagoya au Japon rassemble chaque année, et depuis 2013, des milliers de Cosplayers. Et le Cosplay Championship récompense le meilleur binôme de Cosplay. Mais sans aller jusqu’au Japon, de nombreuses conventions sont organisées partout dans le monde, souvent à l’occasion de rendez-vous Manga, de Japan Tours ou de salons littéraires.


Pour en savoir plus : Rencontre avec Papa Cosplay

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– Qui se cache derrière “Papa Cosplay” ? Je n’ai crée ce nom qu’en septembre 2014, parce que la plupart des cosplayers avaient une page cosplay sur Facebook. C’était le meilleur moyen pour échanger des photos ou garder le contact avec des gens rencontrés pendant des conventions.

D’ailleurs je m’appelle P.A, mais quand j’ai voulu créer « P.A Cosplay » on m’a fait comprendre que ce n’était pas terrible. Et « Papa » a l’avantage d’être compréhensible dans toutes les langues!

– Qu’est-ce que le Cosplay ? J’espère que je ne vais pas me faire aligner par d’autres cosplayers, donc je vais préciser que c’est mon avis. D’ailleurs, j’y réfléchi encore parce qu’on me pose souvent la question et je n’avais jamais vraiment cherché à y répondre.

Le Cosplay, c’est se costumer (« déguiser » fait moins sérieux) en un personnage réel ou fictif. L’idée ? Recréer une tenue portée par le modèle avec accessoirement, perruque et maquillage pour une meilleure ressemblance. On peut chercher la ressemblance parfaite avec le modèle ou en faire une version interprétée. Je pense par exemple aux Cosplay de monstres/Pokémon/… où notre morphologie ne correspondra, apriori, jamais avec le modèle d’origine. Où avec les armures dans lesquelles il serait impossible de bouger si on devait les reproduire à l’identique ! Et comme les mascottes de Disney, on peut décider que l’armure suffit et que c’est plus confortable d’avoir son propre visage qu’un masque géant du personnage. Là, je pense à Buzz l’éclair avec une barbe…

Beaucoup ont l’air de penser que le cosplay vient du Japon, mais les Comic’Con et les conventions européenne regorge beaucoup plus de cosplayers. J’ai habité au Japon, je suis allez à une convention de manga, d’animé, et même au Tokyo Game Show, et je n’ai vu quasiment aucun cosplay. Ni même au fameux Harajuku le dimanche.

– D’où vient votre passion, votre envie de vous « costumer » ? Question difficile : j’aime ça, j’adore porter des armures. Mon dernier cosplay était d’ailleurs une armure portée par les joueurs d’un jeu vidéo.

Surtout, j’aime fabriquer des trucs ! J’aime aussi l’ambiance des salons de jeux vidéos ou des Comic’Con, on a plus l’impression de «participer» en se fondant dans le décor.

– Quel est votre univers favori ? Votre héro/héroïne ou votre personnage préféré ? J’aime beaucoup les Disney/Pixar/Dreamworks, mais je ne pense pas avoir d’univers favoris. Un de mes héros préféré c’est Buzz l’Éclair ! Mais sans parler de «héros», il y a de temps en temps des méchants qui sont vraiment géniaux, sans parler de leur charisme. Certains sont aussi complètement déjantés et ont pas mal de situations comiques avec le héros. Pour ça, j’adore l’infâme empereur Zurg (l’ennemie de Buzz) ou Izma (Kuzco – «À faire peur sans le faire exprès»). Mon préféré : le grand Hadès (Hercule) que je veux faire en cosplay dès que j’aurais trouvé un moyen de faire du faux feu !

– Combien de temps en moyenne mettez-vous pour fabriquer vos costumes ? Avec quoi ? En général, comme je veux être le plus détaillé possible, et que je ne participe qu’à quelques évènements dans l’année, je ne fais qu’un seul costume par an. Aussi parce que j’ai commencé quand j’étais étudiant, que j’ai changé plusieurs fois de ville ou de pays pendant mes études… Et un atelier ne se transporte pas facilement. Par manque de temps aussi. Depuis que je travaille, il me faut environ 5 mois pour fabriquer un costume et quelques mois pour les accessoires.

– Quel est le costume que vous aimeriez fabriquer ? La valise de Tony Stark dans IronMan 2 : le costume ultime qui se met et s’enlève en 2 secondes ! J’ai juste besoin de résoudre le problème de la matière qui sort de nulle part grâce à la 3D…

– Lorsque que vous incarnez un personnage, que ressentez-vous ? Quelles est la réaction des gens ? Je fais principalement des armures ou des cosplays imposants. Dans une armure, on ressent un certain sentiment de puissance (mais puisqu’on reste en mousse ou en plastique, on garde la tête froide.

Avec mon armure en cuir du Gronnstalker, je me souviens que les gens étaient souvent impressionnés, déjà par la taille de l’armure, ensuite par les yeux qui bougent. Mais les plus grosses réactions, c’est avec les costumes connus. Le simple fait de se balader en Buzz l’Éclair dans la rue (sur le chemin des conventions) fait klaxoner un grand nombre de voitures. Les gens crient «Vers l’Infini et au Delà».

Ça me fait plaisir de voir l’enthousiasme des gens et leur envie de prendre une photo avec moi (enfin… avec mon personnage, mais je suis caché dedans).

Et il y a les compatissants qui demandent souvent si on n’a pas trop chaud ou si ce n’est pas trop lourd.

– Peut-on parler de communauté pour parler des cosplayers ?
On peut effectivement parler de communauté. Mais pas dans le sens où les cosplayers se regroupent dans leur coin, seulement par besoin de classification. Quelqu’un qui n’a jamais fait de cosplay peut aller sur un forum dédié au cosplay, à la fabrication d’armure ou autre pour poser des questions, recevoir des conseils, partager des photos. Dès sont premier costume, il sera un «cosplayer» ! Il n’y a pas de pré-requis pour être un cosplayer.

– Comment devient-on un bon cosplayer ? On commence par se faire plaisir parce que sinon on n’aura jamais la motivation de bien finir un costume (car ça prends du temps, et de l’argent). Il faut faire quelque chose qui nous tient à cœur, et garder cette motivation jusqu’au bout. Et elle sera vite récompensée lorsque vous montrerez votre costume lors d’un évènement.

Par Laurène Delion




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