Reportage : Undertown Richmond

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Quand on pense à une maison en Australie, on pense plutôt à la maison en bois sur la plage, au beau gosse surfeur et van Volkswagen en second plan. Pourtant, cette maison réalisée par l’agence Newline Design à Melbourne détourne ces images d’Epinal, et nous livre une version moderne de l’habitat Melbournais. Jon Mikulic, designer moderniste, dessine et réalise ce projet, pour un résultat simple, pure et ouvert sur l’extérieur.

De prime abord, le revêtement de cette maison, avec deux différents styles de briques, on pense plutôt aux maisons de Manchester, qui malgré le mérite de leur existence, n’ont pas un charme renversant. Mais avec l’apport de touches de couleurs à quelques endroits, l’effet est assez surprenant et agréable.  La grande façade en brique donne un côté brut à la maison. L’autre partie, un peu plus petite, mais plus esthétique, ajoute un contraste intéressant.

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Les différentes touches de couleurs, le rouge et le noir, apportent à la maison un côté contemporain, design et attractif. Quant au blanc, c’est la pureté et la simplicité. La terrasse est une ode à la détente plus propice à la coupe de champagne et sushis qu’au barbecue. Elle apporte à la maison de la sérénité, et ce coté chic qui se retrouve à l’intérieur. Simple et esthétique, elle est composée d’une piscine, type couloir de nage, entourée d’une plage de piscine équipée d’un pont où est posé un transat pour un petit moment de détente.

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À l’intérieur, les pièces à vivre sont orientées vers le jardin au sud pour gagner en luminosité et favoriser l’esprit dedans-dehors.

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Ces ouvertures permettent à l’intérieur de bénéficier aussi, du chauffage passif qu’amène la chaleur naturelle du soleil. Pour la déco intérieure, c’est le blanc qui prédomine sur les murs, ce qui renforce cette notion de luminosité. Les nombreux tableaux habillent les murs pour accessoiriser l’ensemble par des touches de couleur en harmonie avec le mobilier. Notamment avec le sofa de couleur rouge, le meuble jaune qui s’accordent avec les peintures. Le jeux des  contradictions coloristiques se poursuit avec la cuisine ouverte dont le rendu plutôt sombre mais élégant tranche avec le séjour. Le lien se fait alors par le plan travail semblable à une œuvre d’art.

Finalement, cette maison n’a rien à envier aux maisons de la côte. Elle se veut facile à vivre dans sa conception tant les espaces sont parfaitement adaptés aux modes de vie des propriétaires. Contemporaine, confortable, élégante et chic, avec cette maison, on se prend à réver de vivre en ville!

Par Alexis Noreils




 

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LSD 14 : Dur dur d’être un expat’…

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Vivre dans un pays qui n’est pas le nôtre n’est pas chose facile. Nous, français, sommes très attachés à nos spécialités, notamment culinaires. Au moment même où nous sommes hors de notre cher pays, des manques se font vite ressentir : la croustillante baguette bien fraîche de chez le boulanger, le fromage bien goûteux accompagnant notre verre de vin… D’autres choses moins évidentes dont vous n’allez pas réussir à vous passer surviendront également. L’absence de la 3G/4G sur nos téléphones, les produits du quotidien qui nous donnent du fil à retordre dès que l’on ne trouve pas ses marques habituelles… Mais le plus dur est de s’adapter aux coutumes locales, aussi différentes les unes des autres.


1.Ce n’est pas que tu as une mauvaise odeur mais…

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Au Brésil, une coutume assez étrange existe. La température pouvant monter très haut, les brésiliens, très à cheval avec l’hygiène, prennent deux ou trois douches par jour. Et lorsqu’on arrive chez un brésilien, la première chose qu’il va faire c’est vous demander si vous avez besoin de prendre une douche. Même si vous ne restez pas ! Votre odeur corporelle n’y est pour rien, rassurez-vous ! La première envie des brésiliens lorsqu’ils rentrent chez eux étant de prendre une douche, cela prend tout son sens, non ? D’autant que dans l’imaginaire commun, le français n’est pas réputé comme étant particulièrement propre. Ne parle-t-on pas d’ailleurs dans certains pays de « la douche française » pour nommer l’utilisation du déodorant ?


2. Ais-je l’air d’un poisson rouge ? Sérieusement… 

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Vous vous demandez bien de quelle coutume je dois parler, non ? En Colombie ou dans les Philippines, il est interdit de montrer quelque chose à l’aide de son index (son nom perd alors toute sa signification…). Ce geste est bien mal poli dans de nombreuses cultures. Mais si nous n’avons pas le droit d’utiliser notre index, comment peut-on montrer quelque chose ? Avec la bouche évidemment ! Vous devez faire la moue, enfin un geste avec les lèvres dans la direction de l’objet désiré. En France, nous serions pris pour des fous si nous faisions ça…


3. Quel culot… !

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Rapprochons-nous plus de chez nous : en Allemagne ! Les allemands ont la drôle (fausse) réputation d’être impolis. C’est juste que pour eux, il est normal d’être totalement honnête (un peu trop apparemment). Ils ne passent pas par 36 chemins.

L’honnêteté est un signe de respect envers l’autre. C’est le cas dans les pays du Nord de l’Europe.

Au Canada, c’est plutôt l’inverse. La population peut être considérée comme « trop gentille » alors qu’ils utilisent en fait le « système sandwich » : un compliment, une vérité qui blesse, un autre compliment ou une plaisanterie.


4. Par le pouvoir de Dieu, je te donne… ma carte de visite !

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Nous n’allons pas parler de religion non, là n’est pas le but. Il s’agit d’une coutume à Taiwan. Chaque chose que vous donnez à quelqu’un doit lui être donnée avec les deux mains, comme si c’était un trésor. Donc, lorsque quelqu’un vous présente sa carte de visite, il l’a donne sereinement avec les deux mains. Et vous la prendrez avec vos deux mains également (surtout avec précaution) avant de l’examiner avec attention comme si vous regardiez quelque chose de rarissime. Cela va de même avec l’argent. Sacré coutume, non ?


5. L’appel : l’outil aux multiples fonctions (beaucoup trop…)

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Lorsque vous appelez quelqu’un, c’est pour lui parler, on est d’accord ? En Italie c’est différent ! On appelle cela un « squillo ». Vous pouvez facilement croire que c’est un appel manqué, sauf que celui-là est intentionnel.

Si vous devez, par exemple, rejoindre des amis dans un café et que vous avez 10 minutes de retard, l’italien va faire sonner votre téléphone juste le temps de 2-3 sonneries, pour dire qu’il est en chemin. Si vous devez voir des amis plus tard et que vous recevez un « squillo », cela signifie que vos amis pensent à vous. Un garçon envoyant un « squillo » à un autre veut dire « Quoi de beau ? Whats up ? ». Vous devrez donc lui répondre avec un texto.

Pendant une journée, vous pouvez très bien avoir un nombre indéfini d’appels manqués. Nous autres auront la fâcheuse habitude de rappeler, mais dans ce cas, il y aurait une étrange conversation, qu’on voulait précisément éviter en envoyant un « squillo »… Pas simple !


6. Jetons notre argent par les fenêtres !

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Une majorité d’entre vous sont au courant de cette coutume-là : les « tips » ; les pourboires.

Car si en France, il ne s’agit que de gratifier le serveur de quelques pièces, en signe de satisfaction, en Amérique du Nord, les tips sont l’unique ressource des serveurs. Il est coutume d’ajouter 15 à 20% de la note. Les serveurs n’ont qu’à bien se tenir. Et si le plat est mauvais, ou l’attente interminable à cause d’un restaurant bondé, le serveur sera directement pénalisé. Qui aurait l’envie de payer ? Après tout la guerre d’arrière-salle se jouera sans vous. En revanche, n’oubliez pas de faire la part des choses. Car les tips sont en réalité, et le plus souvent, l’unique salaire des serveurs outre-Atlantique.

A l’opposé, les serveurs taiwanais seraient bien surpris de vous voir laisser plus d’argent que nécessaire, sachant que vous avez déjà payé votre repas.


7. Peace and love, nous nous aimons tous…

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Principalement dans les pays d’Amérique Latine, lorsque tu dis « bonjour », il faut faire la bise…jusqu’à 3 ou 4 bisous ! Même entre garçons !

Au Brésil, il est coutume de prendre la personne dans ses bras comme si cela faisait une éternité que vous ne vous étiez pas vu. Et lorsque vous discutez avec une personne, vous devez garder contact avec son regard, mais aussi garder un contact physique. Cela n’a rien à voir avec le flirt, car même entre garçons on verra souvent une main sur l’épaule. La distance doit être courte entre vous, pour garder une intimité particulière. En France, c’est plutôt le contraire…

Imaginez alors un brésilien discutant avec un français : cela ressemblerait à un jeu du chat et de  la souris. Le brésilien avance, le français recule…. Ils n’auront jamais fini ces deux-là.


8. Nul besoin de se sentir coupable…

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Celle-ci est assez peu commune, mais certains pays n’ont pas le même système de plomberie que nous, européens ou américains.

En Afrique, lorsque vous allez au toilette, vous ne devez pas jeter vos feuilles de papier toilette dans les toilettes, non ! Il y a souvent une poubelle près des toilettes, faite spécialement pour cette utilisation. Ça donne envie d’ouvrir la poubelle, non ?

Au Japon ou en Turquie, nul besoin de PQ, utilisez le jet ! Plaisant, non ?


9. Traverser une rue au coût de votre vie.

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Dans les villes d’Égypte, la vie de piéton peut être assez dangereuse. Il n’y a pratiquement aucun feux de circulation, donc si vous voulez traverser, il va falloir courir. Et vite !

C’est tout le contraire en Allemagne, lorsque le feu est rouge pour les piétons, les allemands attendent, même s’il n’y a aucune voiture en vue. Au Canada, même chose. Et en plus vous risquez de prendre une amende…


10. Un expresso de trois heures…

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Parlons un peu de la France ! Car c’est bien gentil de juger les coutumes des autres pays quand les nôtres peuvent paraître étranges. Il ne faut pas se leurrer.

Il y a une habitude que les français ont, surtout les parisiens (Je n’ai rien contre vous…). Paris est peuplé de cafés-terrasse. D’après vous, à combien de temps estimez-vous la pause expresso ? Dix minutes ? Ahahah ! Plutôt deux heures !

Car boire un expresso dans un café parisien ne se limite pas à remplir notre corps de caféine. Boire un café est un art, un plaisir : profiter d’un ami, lire le journal. C’est toute une expérience parisienne à vivre !

Alors que nos voisins, les italiens boivent le café en un seul shot ! En Amérique, le café se boit en taille XXL et dans de simples gobelets en plastique !


 Bon voyage à tous !

Par Alexis Noreils




 

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Street Art : De la Rue à l’artistiquement reconnu

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De la Rue à l’artistiquement reconnu

Du trompe l’œil au new school en passant par le photoréalisme, le Street Art offre une incroyable déclinaison de styles, de couleurs et de techniques. Ce nouveau mouvement est une véritable bouffée d’air frais pour le monde de l’art qui, jusqu’à lors restait dans un certain classicisme, craignant de briser les codes et les conventions.

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La méconnaissance de cet art et sa constante association à la dégradation de lieux publics ont fortement entachés son image. Mais depuis quelques années, cette forme d’expression urbaine connait un regain d’intérêt. Pourquoi se contenter d’une simple feuille alors que la ville entière peut admirer nos chefs d’œuvres sur les surfaces publics ?

Diverses motivations pour ces artistes d’un nouveau genre, des surfaces illimitées, une nouvelle façon de s’exprimer, de régler leurs comptes avec la société ou encore de passer des messages percutants. Faisant donc de cet art une sorte de tribune libre ainsi qu’un moyen de communication très puissant car accessible à tous de par sa visibilité. D’autant que les « street artistes » se nourrissent d’une certaine excitation en raison du caractère « illégale » de cette expression.

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Quelques artistes font la fierté de cet art tel que Banksy qui lui, a su choqué et provoquer la société avec ses œuvres reflétant des faits sociaux dénoncés. Celui-ci fait partie des grands au même titre que Picasso, cependant nous ne connaissons pas sa véritable identité…



Les «  Street Artistes » nous offres chaque jours de magnifiques œuvres d’art grandeur nature qui font l’émerveillement des amateurs d’art et des passants. Ces personnes ont un incroyable talent et ne cesseront pas de nous faire plaisir quotidiennement avec leurs chefs d’œuvres. À vous de jouer, et d’ouvrir grands les yeux pour découvrir la ville de mille et une façon.

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Street Art en visite virtuelle : http://www.insituartfestival.fr/visite.html


Par Cynthia Fauconnier




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Interview : Rudy Ricciotti

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Rudy Ricciotti, génial orchidoclaste* !

[*Orchidoclaste : terme élégant pour : « casse-couille »]

On dit de lui qu’il est l’un des protagonistes les plus intéressants de l’architecture contemporaine. Encore faut-il arriver à passer le cap du choc que provoque sa découverte. Car Rudy Ricciotti se présente comme un homme au charisme indéniable certes, mais en provocateur. Sa nature d’homme du sud né en Algérie d’un père italien et nourri au soleil de Méditerranée, n’explique pas tout ; son « physique de latin », associé à un accent d’homme du sud, interroge…

Ce dont on ne peut, pourtant, douter, c’est que cet aventurier de la pensée accroché à sa terre ensoleillée, est un grand monsieur, un architecte magnifique. Sa spécialité ? L’utilisation du matériau béton qu’il transcende à chaque nouvelle réalisation : Depuis le Stadium de Vitrolles, bloc noir abstrait constellé de triangles rouges, en passant par la passerelle du Pont du Diable dans l’Hérault sur le parcours de Saint-Jacques-de-Compostelle, il y a encore l’incroyablement émouvant musée blanc Jean Cocteau de Menton : « Ce musée renvoie au film La Belle et la Bête de Jean-Cocteau », le Stade Jean Bouin à Paris avant d’en atteindre le point d’orgue : le MuCEM de Marseille construit à partir de béton fibré haute performance, couleur poussière mat. Les projets s’accumulent, de beaux objets sortent de terre et c’est ce qui fait qu’on l’aime, sans recul, ni distance.


Stadium de Vitrolles
Stadium de Vitrolles

Stadium de Vitrolles

®Eric RAZ
Musée Jean-Cocteau / Menton
Musée Jean-Cocteau / Menton

Musée Jean-Cocteau - Menton

®Eric Dulie
Stade Jean Bouin
Stade Jean Bouin

Stade Jean Bouin

®Olivier Amsellem
Stade Jean Bouin
Stade Jean Bouin

Stade Jean Bouin

®Olivier Amsellem
Musée Jean-Cocteau / Menton
Musée Jean-Cocteau / Menton

Musée Jean-Cocteau - Menton

®Olivier Amsellem

Ingénieur et architecte, Rudy Ricciotti est certainement le seul à être né les deux pieds dans le béton sans avoir coulé. Ce matériau lui va comme un gant, « pouvant inspirer l’effroi dans certaines banlieues et ailleurs toucher au sublime ». La résille en dentelle du MuCEM en est peut-être le plus bel exemple,  «une architecture de la maigreur, étirée comme les muscles tendus d’un coureur de fond, armée d’une délicatesse puissante et féminine. Elle renvoie à la métaphore de l’espace méditerranéen»…

Fort de sa double formation, Rudy Ricciotti a poussé ses recherches sur la matière ; il est d’ailleurs le premier à avoir expérimenté ce béton ultra haute performance qu’est le Ductal®, un produit que beaucoup n’hésitent pas à considérer comme l’une des innovations les plus importantes dans les matériaux de construction depuis le béton armé. Il a d’ailleurs ouvert la voie avec la Passerelle de la Paix à Séoul, en Corée du Sud, suivi, depuis, par de nombreux architectes.

De ses débuts professionnels, l’histoire retiendra qu’il débuta par une boucherie de Bandol, où il se dit qu’il fut payé par une côte de bœuf. Son parcours jusqu’au Grand prix national d’Architecture reçu en 2006, peut étonner : il est essentiellement français, si l’on excepte la transformation, à Potsdam, en Allemagne, d’une église en philharmonie et les projets en cours : une salle de concert à Gstaad, en Suisse et le Centre International d’Art et de Culture à Liège.


Médiathèque / Colomier
Médiathèque / Colomier

Médiathèque / Colomier

®Lisa Ricciotti
Philharmonie / Potsdam
Philharmonie / Potsdam

Philharmonie / Potsdam

®Heike Ollertz
Pavillon Noir / Aix
Pavillon Noir / Aix

Pavillon Noir / Aix


Ces derniers projets renvoient d’ailleurs l’homme à son ouvrage « HQE, Les Renards du Temple », pamphlet contre « la fourrure verte » d’une profession trop rapide à adopter les nouvelles normes environnementales au détriment du bon sens des savoir-faire locaux. Le Kulturzentrum n’aura, en effet, que peu d’emprise visuelle sur la ville Gstaad. Telle une botte de foin posée dans ce paysage rural de montagne préservé, « à l’archaïsme constructif, le bois, chargé en mémoire architecturale, les chalets », seul 20% du projet sera visible, le reste étant enterré « La culture n’a pas besoin de s’étaler. Seul le poumon de la salle de concert sera visible. C’est un projet pour Gstaad et uniquement pour Gstaad. Sa courbe ondulée d’environ 50 mètres de longueur par 40 mètres de largeur, matérialisée par des troncs de bois massifs, s’appuie sur l’axe du site, suivant une hauteur variant d’environ 12 à 15 mètres. Seule et autonome, offrant la douce saveur du matériau naturel non-traité. Isolé, le bâtiment sera énigmatique. Il réduira la co-visibilité avec le reste du programme, qui sera sous terre, recréant ainsi le paysage idéal, celui de la montagne alpine. La forme architecturale poétique offrira
de manière abstraite une façade compatible avec les saisons (été, hiver) ».


Musée du Louvre
Musée du Louvre

Musée du Louvre

®Antoine Mongodin
Musée du Louvre
Musée du Louvre

Musée du Louvre

® Lisa Ricciotti
Musée du Louvre
Musée du Louvre

Musée du Louvre

Escalier en béton ®Philippe Ruault
Musée du Louvre
Musée du Louvre

Musée du Louvre

®Antoine Mongodin

Depuis bientôt 30 ans, Rudy Ricciotti se bat (cf. un autre de ses ouvrages « L’architecture est un sport de combat »).  « Devenir architecte, c’est difficile, mais le rester, c’est encore plus dur. Le métier est anxiogène. La peur de mal faire, qu’il faut dépasser, se niche au sein de chaque projet. Le temps finira par m’user, huit ans pour le Pavillon Noir, huit ans, pour le Louvre, onze ans pour le MuCEM. Nombreux sont les architectes à abandonner devant l’adversité ; mais l’enfer, ce n’est pas de lui tenir tête, plutôt de ne pas céder à la barbarie avant le terme ».

Les mots, l’architecte les maîtrise à l’égal de ses bétons. Il en apprécie les saveurs, associe les formules, s’en sert pour bousculer, égratigner, choquer ; mais aussi pour parler vrai, beaucoup. C’est comme ça qu’il nous plaît.


 Les 4 derniers pamphlets de Monsieur Ricciotti

L’Architecture est un sport de combat – Editions Textuel

La HQE® brille comme ses initiales sur la chevalière au doigt – Éditions LE GAC PRESS

Conversations imaginaires « ou pas » avec Rudy Ricciotti – Par  Florence Farrow – Editions Un Autre Reg’Art

« Rudy Ricciotti En vain » – Editions Jannink


Questionnaire de Proust :

Plat préféré
Plat préféré Le bouc rôti

Plat préféré : Le bouc rôti

Saison préférée
Saison préférée Le printemps

Saison préférée : Le printemps

Musique préférée
Musique préférée Only Rock’n Roll

Musique préférée : Only Rock’n Roll

Boisson préférée
Boisson préférée Le vin blanc de Cassis

Boisson préférée : Le vin blanc de Cassis

Couleur préférée
Couleur préférée Le bleu cobalt

Couleur préférée : Le bleu cobalt

Auteur littéraire préféré
Auteur littéraire préféré Curzio Malaparte

Auteur littéraire préféré : Curzio Malaparte


Par Mireille Mazurier


www.rudyricciotti.com




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