FLUOR, une agence d’architecture détonante

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Deux cerveaux à 800 km, l’un est de culture alsacienne, Hervé Schneider, l’autre s’est nourri au soleil de la Méditerranée, Guillaume Avenard. Cette distance est devenue leur mode de fonctionnement. La formule fête ces 10 ans cette année. Elle a pour nom FLUOR !

Une agence qui sent le dentifrice ?
G . A. : « C’est un nom que nous avons trouvé dès notre première collaboration. FLUOR, c’est court et c’est un mot qui existe dans toutes les langues. Cette molécule n’a rien à voir avec notre milieu. Justement, ça interpelle. Mais, plus encore, c’est son aspect ‘’cheval de Troie’’ qui nous a conquis : Le fluor est un composant du dentifrice et on l’associe à quelque chose de propre, bien blanc, un peu comme Hervé et moi qui présentons bien et n’effrayons personne. Mais le fluor peut être violent, il est dans la composition de la bombe atomique, c’est un élément ultra réactif, capable de faire fondre l’éprouvette dans laquelle il se trouve. Et cela nous ressemble aussi : ”propres sur nous”, sympathiques, certes, mais nous pouvons devenir rugueux. Nous avons des convictions, celles de nos audaces. Alors nous pouvons passer pour prétentieux, fous, agités. Car nous défendons nos projets ».

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Fondation Van Gogh – Arles

À feuilleter, le catalogue des réalisations de l’agence : la fondation Van Gogh d’Arles, la maison de l’enfance à Drulingen, la villa Jalle dans le Vaucluse, la base de loisirs balnéaires de Colmar-Houssen, le théâtre antique d’Arles, le premier indice de la bicéphalie de ses fondateurs est surtout géographique..
G.A. « Hervé est installé à Strasbourg, moi, en Avignon. À l’origine, nous devions nous retrouver en Alsace. Mais nous avons été rattrapés par la technologie : nos échanges verbaux par téléphone, puis par fax, ont lieu désormais, par écran interposé. Skype et tous les autres gadgets de geeks sont arrivés pour nous permettre de travailler à distance. La contrepartie, c’est que nous devons être rapides, systématiques. On dessine vite, on écrit vite, on crée la 3D vite ».

FLUOR est donc une agence au corps extensible, surmonté de deux têtes et animé de dizaines de bras, un peu à l’image d’un dieu indien ?
G.A. « Notre bicéphalie est une réalité difficile à saisir pour beaucoup, mais, heureusement pas pour tous, comme nous l’a confié Christian Lacroix en visitant la maison de l’enfance à Drulingen. En découvrant les lieux, il a compris que le regard croisé à distance pouvait être une marque de fabrique ».

Ni Avenard, ni Schneider, mais FLUOR, une agence qui brasse des projets différents, en refusant toute spécialisation ?
G.A. « Nous avons besoin de liberté, notre démarche ne doit pas être contrainte, pas plus que la réponse que nous apportons. Notre attitude a été confortée par Norman Foster lorsqu’il a visité la fondation Van Gogh. Lui aussi a reconnu ‘’ne pas se spécialiser parce que tout est bon à prendre’’. C’est aussi pour cela que nous ne travaillons pas seuls, que nous sollicitons des artisans [cf. la fabrication de l’incroyable origami en bois de chêne dans la villa Jalle], et des artistes [lcf. la subtile installation de verres colorés conçue par l’artiste suisse Raphaël Hefti pour la fondation Van Gogh]. D’ailleurs, actuellement, nous travaillons sur un studio photo, des logements de grands luxe et des habitations économes en énergie ».

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Villa Jalle – Vaucluse

Vous avez bien des limites ?
G.A. « Pas de limite à la question du projet, surtout pas celle de l’apprentissage auquel nous sommes toujours ouvert. Nos projets sont aussi intellectuels que physiques (on les construit, on ne les confie pas à un maître d’œuvre), et cela nous nourrit. Par exemple : descendre dans un vide-sanitaire ou grimper à 15 mètres de hauteur, ce sont des actions que l’on fait sans rechigner. Bien au contraire, ce sont des réalités dont il ne faut pas s’éloigner ».

À quoi ressemblent vos séances de travail ?
G.A. « Nous nous racontons des histoires, jusqu’à les trouver cohérentes. Nous passons ensuite à l’écriture, avant de dessiner. De la même façon que l’on écrit un scénario, puis un story-board avant de passer au tournage d’un film, nous éprouvons notre récit avant de nous lancer dans la spatialisation. Notre démarche initiale n’est pas intellectualisée ; nous avons juste l’exigence d’un résultat ».

Que pensez-vous de votre métier ?
G.A. « L’architecture est un cheminement, un parcours qui n’est pas éphémère. Il est important de faire autre chose que du bâtiment. Nous sommes dans le long terme, pas dans la mode ou dans l’obsolescence. À FLUOR, nous n’avons pas d’écriture prédéfinie parce que nous ne refaisons jamais deux fois le même projet. Nous ne sommes pas des inventeurs, mais nous voulons surprendre. L’architecture est aussi un univers qui permet de très belles rencontres avec des gens qui ont un vrai savoir-faire, un amour des matières. C’est ce qui fait l’humanité des éléments que nous mettons en place ».

Avez-vous vous une matière prépondérante ?
G.A. « Nous avons besoin de toucher, de sentir, de respirer. On trouve beaucoup de bois dans les réalisations de FLUOR. La résille sur la maison de l’enfance a nécessité un kilomètre de mélèze de Sibérie. La structure origamique de la villa Jalle : plus de 80 panneaux de chêne pour 90m² d’élévation, assemblés dans le sens de la fibre du bois pour obtenir un mouvement ascendant et une attraction vers les arêtes de l’objet. Nous n’avons aucun a priori. Nous avons alterné aluminium et mélèze pour les murs du théâtre antique d’Arles, nous emploierons de la tôle pliée pour le studio photo… ».

 

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Base de loisirs balnéaires – Colmar-Houssen

Et l’écologie dans tout ça ?
G.A. « Nous essayons de jouer pleinement notre rôle de conseil sur la question environnementale. Mais nous ne sommes pas thermiciens. En revanche, nous y sommes extrêmement sensibles. La fondation Van Gogh en est un bon exemple. À l’époque du concours, en 2009, nous n’avions aucune obligation environnementale. Mais c’est là où notre bicéphalie a joué, car l’Alsace est en avance dans ce domaine. Nous avons effectué un diagnostic d’infiltrométrie par caméra thermique. Le résultat nous a poussés à changer une grande partie des menuiseries de la partie à rénover ».

Avez-vous une envie particulière à tester dans un de vos prochains projets ?
G.A. « La récupération de matériaux. Mais vous en dire plus est encore impossible… ».

Un projet un peu fou ?
G.A. « Dessiner des maisons reproductibles, à l’image d’une collection de prêt-à-porter… ».

Par Mireille Mazurier




 

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Interview architecte : Régis Botta

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Régis Botta, de l’élégance en toutes circonstances

De l’architecture au design, les créations de Régis Botta affichent leur raffinement.

Qu’il s’agisse du rutilant flagship de Mauboussin, de l’appartement W marqué du sceau de la naturalité, ou de la « chambre avec vue », concept de chambre d’hôtel primé lors du dernier salon Equip’Hôtel en partenariat avec le Designer Day’s, les œuvres de l’architecte DPLG se distinguent par leur harmonie et leur cachet. À la tête de sa propre agence « Régis Botta Architectures » depuis 2011, ce diplômé de l’École d’Architecture de Paris Belleville accumule les beaux projets. C’est ainsi qu’en 2015 il signera l’extension d’une maison individuelle atypique, la rénovation d’un restaurant parisien Etoilé, la conception d’une collection de meubles en verre en collaboration avec un maître verrier …

D’où venez-vous, Régis Botta ?
Je suis originaire de Toulouse, j’y ai grandi et fait une partie de mes études, notamment mes premières années d’études d’architecture.

Me reste du sud une pointe d’accent … et ma famille que je ne vois malheureusement pas assez souvent.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans l’architecture au point vouloir en faire votre métier ? Concevoir et voir se réaliser ce que l’on a imaginé …

Qu’est-ce qui vous séduit désormais dans votre profession ?
Concevoir et voir se réaliser ce que l’on a imaginé … (rires)

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Equip’Hotel

Êtes-vous, aujourd’hui, plus attiré par l’architecture d’intérieur ?
J’ai conduit, au cours de mes expériences professionnelles, la réalisation de divers types de construction (immeubles de bureaux, magasins, maisons individuelles…).

Aujourd’hui des projets de bâtiments sont en cours de réalisation, mais je ne dissocie pas l’architecture de l’architecture d’intérieur. J’aime penser que lorsque je conçois des espaces je crée des architectures intérieures.

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Flagship Mauboussin

Quels sont vos matériaux préférés ?
Le staff que j’utilise pour les plafonds. J’aime mettre en œuvre, de manière contemporaine, des techniques traditionnelles.

J’ai également tendance à penser que les composites permettent de mettre en valeur les matériaux naturels que je privilégie.

Mais, par-dessus tout, j’aime la lumière. J’aime la penser comme une matière que l’on peut sculpter. Elle met en scène les volumes et les espaces… elle est l’âme des projets.

Dans le flagship Mauboussin, comme dans l’appartement W, on trouve des plafonds qui répondent aux sols des miroirs créant des effets de perspectives et des échappées visuelles, des teintes proches de la nature. Un peu comme une signature ? Le contexte des projets est essentiel dans ma conception, mais il y a également une forte part d’intuition. Je n’ai pas assez de recul sur mon travail, mais il y a certainement un fil conducteur qui lie mes projets, je ne m’impose pourtant aucun vocabulaire. Je tente simplement de répondre au mieux aux projets qui me sont confiés, avec sincérité et humilité.

Contrairement à l’unité de teinte qui caractérise l’appartement W et Mauboussin, dans « la chambre avec vue », vous avez joué sur les couleurs pour délimiter les espaces. Avez-vous dû vous « forcer » ? Quelle importance la couleur tient-elle dans vos projets ?
Je préfère le ton à la couleur. Le ton est pérenne. Pour moi, la monochromie n’est pas synonyme de monotonie. Au contraire, elle devient très riche et subtile lorsque la tonalité est juste. Elle crée une atmosphère à la manière d’un parfum. Comme dans mon agence, un vieil et grand appartement avec parquet, moulures d’origine…dans lequel j’ai imposé une monochromie absolue…

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Êtes-vous intéressé par les technologies ayant trait à l’automatisation de l’habitat, aux économies d’énergie ? Les nouvelles technologies sont essentielles, et je m’attache à ce que mes projets soient, autant que possible, l’occasion d’utiliser des procédés nouveaux.

En revanche, je veille à ce que l’aspect technique des projets s’efface le plus possible.

Concevoir des objets, du mobilier est-il un passage incontournable pour un architecte, ou cela répond-il à une logique d’aménagement du lieu que l’on crée ? Pour ma part, les domaines de création ne se cloisonnent pas. Le design fait partie intégrante de mon travail.

Si l’on vous proposait de créer un univers à votre image, sans aucune limite, à quoi ressemblerait-il ? Il n’y aurait pas de murs.

Avez-vous une œuvre architecturale qui vous fascine et que vous auriez aimé réaliser ? L’architecture de l’air d’Yves Klein.

Quels sont vos centres d’intérêts hors domaine professionnel ? J’ai le sentiment que tout est en lien avec mon métier.

Utilisez-vous le net ? La dictature du mail ne nous a-t-elle pas tous asservis ?

Êtes-vous musique ? Oui beaucoup, j’écoute du meilleur au pire … Au grand dam parfois de mes collaborateurs. (rires)

Que lisez-vous ? J’amasse les livres d’art …

Gourmand ? Autant gourmand que gourmet … Autant sucré que salé… Mon drame!

Amateur de vins ? Vins sans oublier le Champagne !

Vos dernières vacances ? Les prochaines ?

Les dernières à Paris. Les prochaines ? …Je décide toujours au dernier moment.

Êtes-vous curieux du monde et de ce qu’il s’y passe ? J’aimerai parfois ne pas l’être…

Par Mireille Mazurier




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Carnet d’adresses – LSD N°13 – Mars 2015

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SHOPPING : Le shopping des nouveautés

Shopping & photos : Acrila, 10 rue Claude Chappe, 33600 Pessac, www.acrila.comAlivar, via L. da Vinci 118/14, 50028 Tavarnelle Val di Pesa, Firenze, Italy, www.alivar.comBellila, www.bellila.frDesio, Z.A. de la Geneste, 19460 Naves, www.desio.comJohanson, 285 35 Markaryd, Sweden, www.johansondesign.comLes Gambettes, www.lesgambettes.frNomess, Aarhusgade 120, 2150 Copenhagen, Denmark, www.nomess.dkRED Edition, 38 rue des Blancs Manteaux, 75004 Paris, www.rededition.com – Roche Bobois, 18 rue de Lyon, 75012 Paris, www.roche-bobois.comSmarin, www.smarin.net

SHOPPING : La sélection High-Tech

Shopping & photos : Aight, 27 rue du chemin vert, 75011, Paris, www.aight-watch.com – Christofle, www.christofle.com Ionna Vautrin, 90 rue d’hauteville, 75010 Paris, www.ionnavautrin.com – Kreafunk, Industrivej 29, 7430 Ikast, Denmark, www.kreafunk.com LaCie, www.lacie.com Lexon Design, www.lexon-design.com Lomography, www.lomography.fr Misfit, 839 Mitten Road, Suite 100, Burlingame, CA 94010, États-Unis, www.misfit.com Mr&Mrs Fragrance (Joy Fragrances), Via Gavinana 14,21052, Busto Arsizio (VA – Italy), www.mrandmrsfragrance.it Samsung, 1 rue Fructidor, 93484 Saint-Ouen, www.samsung.com SpinpadGrip // Smart Design, 11 rue de Milan, 75009 Paris, www.spinpadgrip.com Urban Factory, 57 rue de la convention, 75 015 Paris, www.urban-factory.com

SHOPPING : De la couleur dans ma déco

Shopping & photos : Achat Design, www.achatdesign.comDarono, Rua Sá da Bandeira n.º 90 4000, 427 Porto, Portugal, www.darono.ptDrimmer (Groupe Edelweiss), Z.I de Forest, Chemin de la Justice, 59330 Hautmont, www.drimmer.frFoscarini, via delle Industrie 27, 30020 Marcon, Ve, Italy, www.foscarini.comLa Chance, 59 rue Boileau, 75016 Paris, www.lachance.frLina design, Ljubljanska c. 45, 1241 Kamnik, Slovenia, www.linafurniture.comMeccano home, 3 rue de la Capelle, 62280 St-Martin Boulogne, www.meccanohome.comPolArt, 8406 El Gato Rd. Laredo, TX ZIP 78045, www.polartdesigns.comRoche Bobois, 18 rue de Lyon, 75012 Paris, www.roche-bobois.comSlide, Via Lazio 14, 20090 Buccinasco(MI), Italy, www.slidedesign.it

SHOPPING : Wallpaper

Shopping & photos : Au fil des couleurs, 31 rue de l’Abbé Grégoire, 75006 Paris, www.aufildescouleurs.comBartsch, 39 rue de Cléry, 75002 Paris, www.bartsch-paris.comBien-Fait Paris, 23 rue Saint-Paul, 75004 Paris, www.bien-fait-paris.comCole & Son, Lifford House, 199 Eade Road, London, www.cole-and-son.comDeyrolle, www.panoramiques-deyrolle.comLinwood, 15 Headlands Business Park, Salisbury Road, Ringwood, Hampshire, www.linwoodfabric.comMaud Vantours, www.maudvantours.comMues Design, 71 boulevard de Strasbourg, 75010 Paris, www.mues-design.comRebel Walls, www.rebelwalls.frSandberg, box 69, Hesters Industriomrâde, 523 22 Ulricehamn, www.sandbergwallpaper.seStudio Ditte, Het Bolwerk 60, 4811 DR  Breda, www.studioditte.nlThe Mark on the wall, 53 rue de Lancry, 75010 Paris, www.themarkonthewall.com

INTERVIEW ARCHITECTE : Régis BOTTA

Contact : RB-A, 1 rue d’Hauteville, 75010 Paris, www.regisbotta.com

INTERVIEW DESIGNER : 727 Sailbags

Contact & photos : 727Sailbags, rue Bourely, base des sous marins, presqu’île de Keroman, 56100 Lorient, www.727sailbags.com

REPORTAGE : Paradise Valley

Photos : Winquist Photographie, Phénix, AZ
Architecte : Mackos Architecture et Construction + Kendle Design Collaborative, 6115 North Cattltrack Road, Scottsdale, Arizona 85 250, www.kendledesign.com

REPORTAGE : MII House

Photos : M&H Photostudio
Architecte : monovolume architecture+design, Pfarrgasse 13, 39100 Bozen, Südtirol, Italy, www.monovolume.cc
Designer : Patrik Pedó / Juri Pobitzer / Konrad Rieper
Collaborateurs : Simon Constantini, Benjamin Gaensbacher et Luca Di Censo

REPORTAGE : Paradis alpin

Photos : Valentin ‘Snooz’ Naffetat
Architecte : Raphaëlle Segond, 42 rue saint Saens, 13001 Marseille, www.raphaellesegondarchitecte.com
Agence immobilière : Aurèlien Aumond, 63/65 rue de Créqui, 69006 Lyon, www.bumperfrance.fr

REPORTAGE : Lof Factory
Architecte : Adra Bataille,Côté Cap, 75 rue de Lourmel, 75015 Paris, www.adrabataille.fr

HOTEL : Un séjour au paradis de l’amour

Photos : Thibault Masson – BelAmour
Hôtel : www.saintbarth.com/belamour

BATTELFOOD : L’œuf

Contacts & photos :
L’oiseau bleu, 127 avenue Thiers, 33100 Bordeaux, www.loiseaubleu.fr
Le Saint-James, 3 place Camille Hostein, 33270 Bouliac, www.saintjames-bouliac.com




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Dossier – Couleur et Architecture

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Retour sur…

Rencontre avec Marie-Pierre Servantie, chromo-architecte® DPLG (agence Architecture Couleur), Présidente de l’association « Académie de la couleur » et auteur du livre « Chromo-architecture » (2007, Alternatives) sur le dos duquel on peut lire « l’architecture a largement oublié la couleur »…

Des orangés délavés aux verts kaki en passant par des bruns peu lumineux, c’était les couleurs «in» des barres HLM des années 70’. Mal inspiré en suivant le « Bauhaus », on a longtemps cru que mettre en couleur ces hauts blocs en béton les rendraient moins austères, moins inhumains, plus modernes. Les couleurs fades aux formes grossières et géométriques et sans considérations globales, ont vite lassé, ne faisant que renforcer la stigmatisation autours des logements sociaux.

« La couleur a été rejeté, au moment où elle pouvait faire une entrée fracassante et intelligente. Les promoteurs, les industriels et la population ont dit « on veut du bon chic bon genre, on veut des tons pierres et des tons neutres ». Mal utilisée, la couleur a finalement laissé place aux constructions en béton brute, acier, verre et galva. Résultat, « on a baigné pendant 20 ans, des années 80 au années 2000, dans du gris aseptisé ». Le ras-le-bol s’est fait sentir, « on a eu un besoin de couleur, c’est physiologique. La couleur à un impact psychologique et émotionnelle. C’est une énergie, elle vient de la lumière».

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Prudents, les architectes ont commencé par mettre des touches de blanc, de noir et après des touches de couleurs. Au début des années 2000, la couleur en architecture est utilisée avec parcimonie alors qu’aujourd’hui certains architectes se lâchent et « osent le multicolore ». Un vrai métier. Marie-Pierre Servantie est l’une des rares à combiner architecture et couleur en environnement. Elle s’est passionnée pour la couleur en première année d’architecture. Mais à l’époque, au début des années 80, le cours, ne remportant pas assez de succès, sera finalement abandonné. « En cinq ans, la couleur n’a plus jamais été abordée, j’ai donc décidé de me former et j’ai obtenu le premier diplôme sur le thème : Couleur dans l’environnement architectural à l’école de Bordeaux. À ma connaissance, c’était le premier et le dernier, car aujourd’hui, la couleur telle que je la conçois n’est pas enseignée ».

Depuis 2008, Marie-Pierre Servantie est à la tête de l’agence bordelaise Architecture Couleur. Elle se revendique, sans prétention aucune, chromo-architecte®. « Vivre de la couleur est difficile. Il faut réaliser de nombreux projets, j’ai donc débuté en ouvrant mon cabinet d’architecte et puis je me suis lancée ». De la construction neuve à la rénovation, principalement pour des bâtiments recevant du public, Marie-Pierre Servantie joue sur différentes intensités pour mettre en couleur les bâtiments, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. « La couleur est mon outils de travail, je l’exprime comme un matériau. L’utilisation de la couleur n’est pas subjective, elle est au contraire, très objective, très cartésienne aussi ».

 

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Car si aujourd’hui de plus en plus d’architectes travaillent la couleur, trop s’arrêtent à leurs propres goûts. Pour mettre l’architecture en couleur, il convient d’analyser et d’observer. « On ne met pas des couleurs au hasard, il faut tenir compte des goûts du clients bien sûr, mais aussi des palettes de couleurs autorisées pour les revêtements, de la lumière et la situation du projet dans son environnement et dans son usage. Une couleur ne vit pas seule, elle évolue dans un contexte ». Au-delà de son aspect esthétique, la couleur sert à créer une unité visuelle. « La mise en couleur par la peinture donne la liberté et le lien aux matériaux utilisés ». Son travail consiste à favoriser le confort visuel, « quand on arrive à contenter l’œil d’un public, on fait de l’universel ». Alors n’allait pas demander à Marie-Pierre Servantie quelles sont les couleurs de demain… « Ça me fait hérisser le poil. L’architecture n’est pas un marché, on n’est pas des vendeurs de moquettes. Il n’y a pas de mode en architecture, on construit pour des décennies, si ce n’est pour des siècles. Sinon ce serait mercantile, on devrait repeindre tous les deux ans pour s’adapter, imaginez… La mode c’est du marketing » s’esclaffe-t-elle ! « Je ne peux donc pas vous dire que la couleur de demain sera le rouge ou le bleu, ça n’a pas de sens. En revanche, il y a des tendances pour l’aménagement intérieur qui sont données par des grands maîtres. Cela amènent de nouvelles idées, après on s’en inspire » relativise-t-elle.

Travailler la couleur en architecture est un métier d’avenir, « être coloriste est un métier à part entière qu’il va falloir développer car l’utilisation de la couleur est de plus en plus demandée dans les appels d’offres ou les concours. Car si on commence à utiliser la couleur sans la comprendre, la couleur part à la catastrophe » s’inquiète Marie-Pierre Servantie. « Il n’y a pas de vilaines couleurs, il n’y a que de mauvaises harmonies » conclut-elle.

Par Laurène Delion




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Interview : Rudy Ricciotti

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Rudy Ricciotti, génial orchidoclaste* !

[*Orchidoclaste : terme élégant pour : « casse-couille »]

On dit de lui qu’il est l’un des protagonistes les plus intéressants de l’architecture contemporaine. Encore faut-il arriver à passer le cap du choc que provoque sa découverte. Car Rudy Ricciotti se présente comme un homme au charisme indéniable certes, mais en provocateur. Sa nature d’homme du sud né en Algérie d’un père italien et nourri au soleil de Méditerranée, n’explique pas tout ; son « physique de latin », associé à un accent d’homme du sud, interroge…

Ce dont on ne peut, pourtant, douter, c’est que cet aventurier de la pensée accroché à sa terre ensoleillée, est un grand monsieur, un architecte magnifique. Sa spécialité ? L’utilisation du matériau béton qu’il transcende à chaque nouvelle réalisation : Depuis le Stadium de Vitrolles, bloc noir abstrait constellé de triangles rouges, en passant par la passerelle du Pont du Diable dans l’Hérault sur le parcours de Saint-Jacques-de-Compostelle, il y a encore l’incroyablement émouvant musée blanc Jean Cocteau de Menton : « Ce musée renvoie au film La Belle et la Bête de Jean-Cocteau », le Stade Jean Bouin à Paris avant d’en atteindre le point d’orgue : le MuCEM de Marseille construit à partir de béton fibré haute performance, couleur poussière mat. Les projets s’accumulent, de beaux objets sortent de terre et c’est ce qui fait qu’on l’aime, sans recul, ni distance.


Stadium de Vitrolles
Stadium de Vitrolles

Stadium de Vitrolles

®Eric RAZ
Musée Jean-Cocteau / Menton
Musée Jean-Cocteau / Menton

Musée Jean-Cocteau - Menton

®Eric Dulie
Stade Jean Bouin
Stade Jean Bouin

Stade Jean Bouin

®Olivier Amsellem
Stade Jean Bouin
Stade Jean Bouin

Stade Jean Bouin

®Olivier Amsellem
Musée Jean-Cocteau / Menton
Musée Jean-Cocteau / Menton

Musée Jean-Cocteau - Menton

®Olivier Amsellem

Ingénieur et architecte, Rudy Ricciotti est certainement le seul à être né les deux pieds dans le béton sans avoir coulé. Ce matériau lui va comme un gant, « pouvant inspirer l’effroi dans certaines banlieues et ailleurs toucher au sublime ». La résille en dentelle du MuCEM en est peut-être le plus bel exemple,  «une architecture de la maigreur, étirée comme les muscles tendus d’un coureur de fond, armée d’une délicatesse puissante et féminine. Elle renvoie à la métaphore de l’espace méditerranéen»…

Fort de sa double formation, Rudy Ricciotti a poussé ses recherches sur la matière ; il est d’ailleurs le premier à avoir expérimenté ce béton ultra haute performance qu’est le Ductal®, un produit que beaucoup n’hésitent pas à considérer comme l’une des innovations les plus importantes dans les matériaux de construction depuis le béton armé. Il a d’ailleurs ouvert la voie avec la Passerelle de la Paix à Séoul, en Corée du Sud, suivi, depuis, par de nombreux architectes.

De ses débuts professionnels, l’histoire retiendra qu’il débuta par une boucherie de Bandol, où il se dit qu’il fut payé par une côte de bœuf. Son parcours jusqu’au Grand prix national d’Architecture reçu en 2006, peut étonner : il est essentiellement français, si l’on excepte la transformation, à Potsdam, en Allemagne, d’une église en philharmonie et les projets en cours : une salle de concert à Gstaad, en Suisse et le Centre International d’Art et de Culture à Liège.


Médiathèque / Colomier
Médiathèque / Colomier

Médiathèque / Colomier

®Lisa Ricciotti
Philharmonie / Potsdam
Philharmonie / Potsdam

Philharmonie / Potsdam

®Heike Ollertz
Pavillon Noir / Aix
Pavillon Noir / Aix

Pavillon Noir / Aix


Ces derniers projets renvoient d’ailleurs l’homme à son ouvrage « HQE, Les Renards du Temple », pamphlet contre « la fourrure verte » d’une profession trop rapide à adopter les nouvelles normes environnementales au détriment du bon sens des savoir-faire locaux. Le Kulturzentrum n’aura, en effet, que peu d’emprise visuelle sur la ville Gstaad. Telle une botte de foin posée dans ce paysage rural de montagne préservé, « à l’archaïsme constructif, le bois, chargé en mémoire architecturale, les chalets », seul 20% du projet sera visible, le reste étant enterré « La culture n’a pas besoin de s’étaler. Seul le poumon de la salle de concert sera visible. C’est un projet pour Gstaad et uniquement pour Gstaad. Sa courbe ondulée d’environ 50 mètres de longueur par 40 mètres de largeur, matérialisée par des troncs de bois massifs, s’appuie sur l’axe du site, suivant une hauteur variant d’environ 12 à 15 mètres. Seule et autonome, offrant la douce saveur du matériau naturel non-traité. Isolé, le bâtiment sera énigmatique. Il réduira la co-visibilité avec le reste du programme, qui sera sous terre, recréant ainsi le paysage idéal, celui de la montagne alpine. La forme architecturale poétique offrira
de manière abstraite une façade compatible avec les saisons (été, hiver) ».


Musée du Louvre
Musée du Louvre

Musée du Louvre

®Antoine Mongodin
Musée du Louvre
Musée du Louvre

Musée du Louvre

® Lisa Ricciotti
Musée du Louvre
Musée du Louvre

Musée du Louvre

Escalier en béton ®Philippe Ruault
Musée du Louvre
Musée du Louvre

Musée du Louvre

®Antoine Mongodin

Depuis bientôt 30 ans, Rudy Ricciotti se bat (cf. un autre de ses ouvrages « L’architecture est un sport de combat »).  « Devenir architecte, c’est difficile, mais le rester, c’est encore plus dur. Le métier est anxiogène. La peur de mal faire, qu’il faut dépasser, se niche au sein de chaque projet. Le temps finira par m’user, huit ans pour le Pavillon Noir, huit ans, pour le Louvre, onze ans pour le MuCEM. Nombreux sont les architectes à abandonner devant l’adversité ; mais l’enfer, ce n’est pas de lui tenir tête, plutôt de ne pas céder à la barbarie avant le terme ».

Les mots, l’architecte les maîtrise à l’égal de ses bétons. Il en apprécie les saveurs, associe les formules, s’en sert pour bousculer, égratigner, choquer ; mais aussi pour parler vrai, beaucoup. C’est comme ça qu’il nous plaît.


 Les 4 derniers pamphlets de Monsieur Ricciotti

L’Architecture est un sport de combat – Editions Textuel

La HQE® brille comme ses initiales sur la chevalière au doigt – Éditions LE GAC PRESS

Conversations imaginaires « ou pas » avec Rudy Ricciotti – Par  Florence Farrow – Editions Un Autre Reg’Art

« Rudy Ricciotti En vain » – Editions Jannink


Questionnaire de Proust :

Plat préféré
Plat préféré Le bouc rôti

Plat préféré : Le bouc rôti

Saison préférée
Saison préférée Le printemps

Saison préférée : Le printemps

Musique préférée
Musique préférée Only Rock’n Roll

Musique préférée : Only Rock’n Roll

Boisson préférée
Boisson préférée Le vin blanc de Cassis

Boisson préférée : Le vin blanc de Cassis

Couleur préférée
Couleur préférée Le bleu cobalt

Couleur préférée : Le bleu cobalt

Auteur littéraire préféré
Auteur littéraire préféré Curzio Malaparte

Auteur littéraire préféré : Curzio Malaparte


Par Mireille Mazurier


www.rudyricciotti.com




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