Rencontre avec Axel Schoenert

6 février 2017

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Deux nominations et un prix remporté par Axel Schoenert architectes aux ArchiDesignClub Awards en mars dernier ! C’est une belle reconnaisance pour celui qui, depuis son installation à Paris en 1991, n’a eu de cesse de contribuer à l’embellissement de la capitale en concevant, réalisant, rénovant et décorant de superbes immeubles, hôtels, bureaux ou immeubles d’habitation.

 Axel Schoenert, d’où venez-vous ?

A.S. Je suis né à Karlsruhe en Allemagne. J’ai réalisé mes études en Allemagne et aux Etats-Unis. J’ai toujours travaillé à mon propre compte hormis quelques stages pendant mes études à Chicago dans le bureau de Mies Van Der Rohe (succession) et dans de petites agences à New-York. C’est là d’ailleurs que j’ai créé ma maison d’édition de mobilier. Mais j’étais attiré par Paris et c’est là que je me suis installé en 1991.

Depuis, nous avons toujours beaucoup de projets dans le pipeline, des grandes restructurations de bureaux dans le centre de Paris avec des investisseurs institutionnels, des projets d’immeubles de bureaux neufs avec des promoteurs. Nous venons d’achever la restructuration du MOST, l’ancien siège de Goldman and Sachs, face au Parc Monceau, qui bénéficie des certifications environnementales les plus élevées, HQE exceptionnel, BREEAM excellent et BBC. Nos chantiers nous emmènent aux quatre coins de la capitale, dans le 9e arrondissement, près des Champs-Elysées et sur l’avenue de l’Opéra. Nous sommes également présents dans l’univers de l’hôtellerie avec la rénovation de l’hôtel Paris Gare de l’Est, l’hôtel Beauchamps près des Champs-Elysées, ainsi qu’un « boutique- hôtel ». S’enchaînent les projets d’architecture intérieure.

L’homme est un acharné du travail. Dès son arrivée à Paris, au sein d’une première agence tripartite, DDS Architects, il affiche un dynamisme qui lui permet de remporter un premier marché au Luxembourg. Ce sera l’aménagement intérieur d’un prestigieux restaurant et club-house de golf. Le sens du détail, la recherche dans le renouvellement des formes à partir de matériaux traditionnels éprouvés, lui permettent d’évoluer. Depuis l’appartement, dans le quartier du Marais, conçu pour un client institutionnel japonais, en passant par la réalisation du projet Saint-Fargeau (156 logements et 16 maisons de ville dans le XXème), l’architecte a créé sa propre agence, un lieu où les projets sont en constante évolution, toujours plus nombreux et raffinés.

Comment comprenez-vous l’architecture?

A.S. Pour moi, c’est la fusion entre l’art et l’architecture. Faire un dessin et le voir prendre corps, se transformer en une œuvre bien tangible.

Quelles sont vos influences ?

A.S. Les architectes japonais contemporains et les maîtres européens et américains d’après-guerre.

Vous réalisez peu d’habitats pour particuliers, pourquoi ?

A.S. Nous intervenons peu, il est vrai, auprès des particuliers. Ce sont, pour la plupart, des gens qui ne construiront qu’une fois dans leur vie. Leur niveau d’inquiétude et de stress dès lors qu’ils ont un projet immobilier, peut être délicat à gérer. Je préfère travailler avec des professionnels. Mais je reste très ouvert. D’ailleurs, dans mes chantiers à l’étranger, en parallèle du complexe d’immeubles de bureaux que je réalise actuellement en Allemagne, j’ai aussi en cours, une grande villa à Ibiza. Et c’est pour un particulier !

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Vous êtes également architecte d’intérieur et designer. Quels sont vos matériaux préférés ?

A.S. J’aime la chaleur du bois, l’élégance de la pierre, la modernité et les possibilités des matériaux à base de résine, Hi-Macs®, Corian®, le Krion… La résine est une matière que l’on retrouve maintenant systématiquement dans nos créations aménagements d’intérieur et partiellement sur des panneaux de façade. Je suis également très sensible aux jeux de la lumière sur un intérieur. J’aime la transparence. Ce sont deux éléments essentiels qui sont au cœur de nos concepts. C’est pour cela que, avec mon équipe, nous passons beaucoup de temps sur les études d’éclairage. En associant, par exemple, des matériaux contemporains avec des leds, nous pouvons créer des intérieurs singuliers, des ambiances toutes en subtilités.

Comment qualifieriez-vous vos réalisations ?

A.S. Chaque réalisation est évidemment unique. L’emploi de certains matériaux et la création de formes particulières sont à l’origine de ma signature. Mais je pousse mes équipes à réinventer un concept pour chaque nouveau projet et à ne surtout pas reprendre des idées que nous aurions déjà mises en œuvre sur d’autres chantiers.

Concevez-vous des « collections » ?

A.S. La plupart du temps, nous réalisons des collections de meubles pour les hôtels que nous restructurons, car nous travaillons selon le concept de « Gesamtkunstwerk ». Il s’agit d’une démarche architecturale dans laquelle la décoration intérieure, le mobilier, la conception des espaces ou des jardins revêtent autant d’importance que le bâtiment lui-même. Nous avons cette démarche globale pour chacun de nos projets. Ces lignes de mobilier sont en général réalisées en collaboration avec Zsofia Varnagy, architecte d’intérieur et mon épouse. La collection Happy 61 ! est née comme ça. En ce moment, nous réalisons une collection sur mesure pour l’hôtel Gare de l’Est.

Que peut-on vous souhaiter pour les prochaines années ?

A.S. Notre agence est franco-allemande et je suis présent en Allemagne. Nous sommes contactés régulièrement pour travailler à la conception de lieux d’exception. C’est ce que nous avons fait pour le théâtre de Hambourg, l’hôtel-restaurant TSUM de Moscou ou le centre de protonthérapie de Marbella. Mais j’aimerais être plus présent à l’international.

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Texte : Mireille Mazurier

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