Contemporain, industriel, minimaliste et masculin.

Quatre mots qui caractérisent le style de Jonas Fernando Pires, ce jeune architecte et designer français. Une interview bétonnée…en série limitée.

Pour commencer, pouvez-vous nous révéler votre parcours ?

J’ai quitté le système scolaire très jeune. J’ai choisi de poursuivre l’école de la vie, comme on dit. Mais finalement mon parcours est assez atypique. Ces six dernières années ont été riches d’expériences…de réussites en désillusions.

Qu’est-ce qui vous plait dans les disciplines du design et de l’architecture ?

C’est un héritage. Je ne me suis jamais vraiment posé la question. J’ai seulement toujours su que c’était ce que je voulais faire.

Et quel est votre univers de création ?

Je suis dans le « work in progress ». L’idée ? Travailler et expérimenter sans aucune limite d’esprit. Faire un jour du design, demain de la joaillerie et un jour peut-être produire un album tout en espérant être architecte.

Ce n’est pas un problème pour moi. Enfin, ça le devient quand il faut apprendre à gérer son budget, mais c’est déjà un autre métier ! En réalité, ma seule limite est celle du bon goût, encore que…tout soit relatif, évidement. Encore faudrait-il que mes certitudes aujourd’hui ne deviennent mes doutes demain.

Quand on regarde de plus près vos créations, vous semblez plus sensible à certains matériaux. Que vous évoquent-ils ?

Mes matériaux de prédilections sont le béton et l’acier. Enfant, je suivais mon père, entrepreneur dans le bâtiment, sur ses chantiers. Je pense que j’ai inconsciemment développé une addiction pour ces matériaux bruts et les techniques utilisées. J’adore l’expression « brut de décoffrage », c’est celle qui me caractérise le mieux en tant que personne. Celle aussi qui, je crois, définit le mieux mon style. J’ai du mal à arrondir les angles…

Avez-vous une philosophie dans la vie ?

Ma philosophie, c’est le plaisir dans le travail…sans pour autant que tout soit rose. Et justement, puisque tout n’est pas si simple, pourquoi chercher à se compliquer la vie ? Je ne suis pas dans le concept, et je ne ressens pas le besoin de me justifier sur tout et pour tout. J’essaye tout simplement, du moins je l’espère, de partager mon bonheur de créer avec mes clients, mes collaborateurs et les artisans qui m’accompagnent.

Votre carrière est lancée depuis 5 ans maintenant, quelles ont été les rencontres qui vous ont le plus marquées ?

Il y en a eu trois.

La première, c’est la rencontre avec mon père…au moment où j’ai compris qu’il était un artiste à part entière et l’artisanat, un art. Son expérience est ma meilleure alliée.

En réalité, ma seule limite est celle du bon goût, encore que… tout soit relatif.

La seconde, la rencontre avec mon premier client. Il m’a mis le pied à l’étrier et continue encore aujourd’hui à me soutenir activement. Il est devenu mon meilleur ami, celui qui me veut du bien.

Et enfin, la troisième rencontre, c’est celle que j’ai faite avec moi-même… Le jour où j’ai compris que ce qui se vivait la nuit ne voyait, jamais ou que trop rarement, le jour !

Ces rencontres vous ont manifestement aidé à devenir vous-même. En tant qu’artiste, qu’elles sont les créations vous ont propulsé ?

Ma première collection de mobilier était exposée chez L’ECLAIREUR, c’est elle qui m’a permis de démarrer ma toute jeune carrière.

Fin 2012, vous avez ouvert votre Galerie Eponyme au 40 rue Verneuil à Paris, à qui s’adresse t-elle ?

Elle s’adresse à tous ceux qui veulent venir découvrir mes créations ! Ma galerie, c’est d’abord un lieu de vie, un lieu de rencontres et de partage.

Vos dernières créations se concentrent autour de l’éclairage d’ambiance. Quel est le rôle, selon vous, de la lumière, naturelle ou artificielle, dans l’architecture et le design ?

J’ai essayé de créer de la dynamique et du mouvement dans l’espace. Mais à vrai dire, je n’ai pas réellement d’idée sur la question. D’autres en ont bien plus que moi. Lisez « Éloge de l’ombre » de Jun\'ichirō Tanizaki, c’est génial.

Aujourd’hui, quels sont vos attentes en matière de design ? Quels sont vos objectifs pour l’avenir ?

J’espère pouvoir encore longtemps me faire plaisir, continuer à créer, peut-être une nouvelle collection à partager prochainement, à Milan, New-York ou Singapour. Ce sont autant de bonnes raisons qui font de notre métier un vrai bonheur. Et qui sait, un jour, collaborer avec une grande maison d’édition.

Enfin, quels conseils aimeriez-vous donner aux jeunes et futurs designers ?

Oubliez la masturbation intellectuelle, mais surtout pas d’être sensible au caractère hédoniste de notre travail.

Questionnaire de Proust
Votre occupation préférée ? L’instant T. Répondre à vos questions… Designer. Sortir ce soir et ne rien faire demain.

Votre citation préférée ? « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Elle justifie quelques une de mes folies.

Votre loisir préféré ? L’ivresse, celle où on se retrouve entre amis.

Votre ville préférée ? Paris, celle où j’ai décidé de vivre.

Votre saison préférée ? L’été…le soleil, les plages abandonnées.

Votre animal préféré ? Mon croco empaillé. Non, je déconne ! Les chevaux, ils font partis de ma vie.

Votre artiste préféré ? Basquiat. Mais pourquoi, je ne sais pas.

Votre musique préférée ? Cela dépend de mon état d’esprit. « Between the lines » de Nick Curly, « Wrong Hands » et « Hairline » me rendent fou !

Votre film préféré ? Celui qui m’a touché le plus: « Une séparation » d’Asghar Farhadi.

Votre série préférée ? Le SAV d’Omar et Fred. Ils me font mourir de rire.

Votre héros de fiction préféré ? James Bond. Quel life style !

Votre livre de chevet préféré ? « La lettre à Ménécée » d’Épicure. Ça le fait non ?

Votre plat préféré ? La Bacalao, la base.

Vos bonbons préférés ? Ceux qui piquent.

Votre paire de chaussure préférée ? Ma première paire de Weston.

Votre objet préféré ? Mon Vespa customisé by Garbage Beauty.

Votre couleur préférée ? Le noir.

Votre matière préférée ? L’acier.

Votre site web préféré ? jonasfernandopires.com

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