À l’occasion de la première saison de street art bordelais et surtout du lancement de l’exposition Transfert 6, nous avons rencontré Charles Foussard, un peintre dont l’univers fantastique est très détaillé.
Si vous ne connaissez pas encore TRSFRT, courrez-y du 25 juin au 25 septembre 2016. L’association a l’habitude d’investir des lieux abandonnés : l’ancien commissariat Castéja en 2015 et cette année, l’ancien Virgin Megastore situé place Gambetta à Bordeaux. Leur but est de “transférer” la vision de l’art urbain de la rue vers la galerie. Charles fait parti des artistes in situ à avoir produit ses œuvres dans le lieu d’exposition.
Cap vers son univers fantastique peuplé de petits “pépouzes”…

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  • Qui es-tu ? D’où viens-tu ?

Je m’appelle Charles Foussard, j’ai une trentaine d’années et je suis bordelais. J’ai commencé à peindre à l’île de la Réunion en 1999, principalement des blockhaus dans l’espace public. Mon travail s’axe en deux parties : la partie sur toile et la partie dans l’espace public. En revanche, cette année j’ai eu l’occasion de passer beaucoup de temps en atelier.

  • Pourquoi avoir choisi le street art comme mode d’expression ?

Je ne l’ai pas vraiment choisi. J’ai commencé à peindre dans la rue, à faire des graffs et j’ai continué. Bien sûr, je dessinais avant ça mais tout a commencé quand j’ai découvert ce médium avec mes copains. On travaille pas mal en équipe et ça me plaît énormément. J’ai fais des rencontres par le graffiti et je dirai que le street art est plus personnel et individuel.

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  • D’où est venue l’inspiration pour créer un univers fantastique aussi détaillé ?

Plein de choses m’ont inspiré : mes propres recherches, les choses que je vois ou que je lis. Par exemple, la végétation m’est venue la dernière fois que je suis parti à la Réunion. J’ai peint un mur, tout était sec, jaune et desséché… et en quelques heures de pluie, toute la végétation a vraiment grandi. J’avais l’impression de la voir naître et ça m’a touché. En rentrant de ce voyage, j’ai commencé à faire ma série sur les végétations, sur toile et sur mur. Là, je suis toujours un peu dedans, et même si ça a un peu évolué, il y a toujours mes petits personnages : les pépouzes (des sortes de petites patates).

  • Est-ce que la ville de Bordeaux offre plus d’espaces de création et de liberté qu’ailleurs ?

À la fois oui et non. Ça dépend pour qui, moi j’ai rien à dire, j’ai beaucoup de murs qui sont à disposition mais les gens qui peignent de vrais graffitis dans la rue, ceux-ci sont effacés tout de suite. Il y a une campagne d’effaçage assez draconienne quand même donc c’est deux poids deux mesures.

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  • Comment est né le projet du M.U.R avec l’école élémentaire Stendhal ?

J’ai fais le M.U.R comme tous les invités sauf que je faisais participer les élèves de deux classes (CE2 et CM2, il me semble), ça fait déjà un an. On a fait des ateliers, on a monté ce projet ensemble en accord avec mon univers. Je leur expliquais ma manière de travailler mais c’était un projet ponctuel.

  • Tu as eu l’occasion de collaborer avec Monsieur Poulet, quelles rencontres t’ont le plus marqué ?

Comme je le disais, je peins depuis 1999, j’ai donc rencontré plein de gens mais avec Poulet c’est particulier car on était dans le même collectif (Skinjackin). Il a tiré sa révérence y a un petit moment déjà mais on a œuvré ensemble pendant quelques années. C’était un super copain, on se connaissait déjà bien avant notre collaboration sur cette affiche.

  • Suite aux nombreuses participations à des expositions publiques, n’as-tu pas peur de perdre l’esprit du graff vandale ?

Je ne suis pas un vandale (rires). Je ne me suis d’ailleurs jamais revendiqué comme tel. Je suis un peintre, je fais des peintures sur toile et sur d’autres supports, dans l’espace public. Je prends mon temps pour faire mes pièces, je ne me cache pas, je ne cache pas mon visage. Certains ont besoin de cet anonymat, pas moi. Si j’en avais eu besoin, j’aurai choisi un pseudonyme.

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  • Quels projets as-tu pour la suite ?

J’ai une actualité assez chargée en ce moment. Après Transfert 6, j’ai la fête du vin sur les quais, ensuite je participe au Fifib avec mon ami Tomas Lacque. On va intervenir sur des conteneurs et faire des projections, des organisations de soirées ce qui est hyper nouveau pour moi. Je fais de la peinture et là on me propose de trouver une thématique, de choisir des films, des courts métrages… de vraiment organiser un événement autour de Tomas et moi. C’est un projet hyper intéressant qui me sort vraiment de ma zone de confort habituelle : la peinture.


Texte : Roseline Benon - Photos : Collectif Transfert - Juliette Villain

 

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