L’opération comporte un gymnase sur lequel se posent 69 logements sociaux. Elle entend d’abord croiser la grande échelle de l’industrie avec l’échelle intime de l’habitation.

L’adieu difficile à ce dernier bout de campagne à Paris, la densification d’un espace ouvert explique le recours collectif de 180 riverains enregistrés lors de la phase du dépôt de permis. La densification s’accompagne néanmoins d’une diversification de programme qui profite à l’ensemble du quartier, et d’une obligation de mixité programmatique inscrite au PLU. Implanté le long d’un passage dans un volume semi-enterré, l’équipement induit des contraintes qui fondent les particularités du projet.

La majeure partie des logements repose sur la structure du gymnase, une série de portiques franchissant plus de 20 mètres de portée, dont les poutres forment des refends du premier niveau de logement, et déterminent la trame des voiles porteurs supérieurs. Une faille verticale sépare un premier complexe gymnase/logement d’un plot de moindre dimension, comprenant des logements en étage ainsi qu’une série de locaux de service en rez-de-chaussée : accueil gardien, locaux de stockage divers, accès parkings..

 L’utilisation de matériaux bruts dans la plupart des circulations autorisait l’emploi ponctuel de matériaux symboliquement luxueux, aussi pérenne qu’une pierre sans générer de surcoût. Une fois passé le hall, l’habitant rejoint son appartement en empruntant une longue coursive implantée à cinq mètres des façades arrière. Ultime seuil, une courte passerelle individuelle qui donnera accès à un logement toujours traversant, complété d’une terrasse paysagère posée sur le socle du gymnase pour tous les appartements.

La superstructure des coursives métalliques forme un paysage en soi au cœur de l’îlot, un balcon filant donnant en surplomb sur un jardin conçu par l’Atelier Roberta. Chaque logement est doté d’une loggia individuelle, dont la profondeur variable est calculée pour laisser à l’occupant sa légitime intimité. Au rez-de-chaussée, une résille métallique filtre la lumière pour ne pas gêner la pratique sportive, réduit l’exposition des sportifs et danseurs du regard des passants.

Loggias, coursives, passerelles, escaliers, espace tampon des jardins : l’opération ménage l’intimité mais multiplie les transparences et les porosités visuelles, quitte à aller à l’encontre d’une manie contemporaine qui voudrait que la finalité d’une construction soit d’isoler totalement tout un chacun de la vue de l’autre. La descente aux salles semi enterrées est magnifiée par un escalier central multipliant les transparences dans les quatre grandes directions cardinales.

Le bâtiment se veut autant une machine à habiter qu’une machine à voir. Rue, ville, passant, cœur d’îlot, voisin, tout se voile et se dévoile tour à tour au gré du déplacement, ces visions fugaces amplifiant le potentiel des rencontres, magnifiant la diversité et l’énergie qui font le meilleur des métropoles.

Crédit photo : © Luc Boegly

Source : V2com

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